CONCLUSION GENERALE
Ce travail a été principalement axé sur la technologie
qui est le dénominateur commun aux études menées d'une part sur les SBV et
d'autre part sur les structures guides d'ondes coplanaires sur membrane.
De manière générale, nous avons constaté qu'il nous faut
maîtriser un certain nombre de technologies souvent très différentes mettant en
jeu les techniques d'évaporation sous vide, de dépôts et gravure par plasmas,
ainsi que les procédés de micro-usinage chimique. Pour chacun de ces procédés,
l'objectif a été d'obtenir une bonne maîtrise des techniques afin que l'on
puisse l'utiliser dans la fabrication d'un composant complet. Cette démarche
est complémentaire des études plus systématiques visant à l'optimisation d'un
procédé particulier, et non d'un ensemble. Ces procédés ont été appliqués avec
succès pour réaliser des composants à hétérostructures de type varactor dont
les résultats sont à l'état de l'art, que ce soit en terme de contraste, en
capacité, ou de tenue en tension. Ces résultats n'ont pu être obtenus que
progressivement, en modifiant au fur et à mesure la structure en fonction des
problèmes rencontrés. Pour cette optimisation, le recours à l'outil numérique
de simulation des composantes de courant et des variations de capacité s'est
avéré indispensable pour confirmer ou "infirmer" les idées
sous-jacentes aux procédés d'optimisation.
Le système de matériaux InGaAs/InAlAs/AlAs épitaxié sur
substrat InP nous semble être un bon choix. En effet, nous avons vu que la
barrière contraintes AlAs/AlInAs rempli parfaitement son rôle de barrière
blocante même dans des conditions de fonctionnement à température ambiante. En
fait, nous avons démontré que les seuils de conduction sont largement
tributaires des phénomènes de claquage par avalanche dans les zones désertées.
Face à cette situation, on se heurte au compromis entre forte tension
d'avalanche et haute mobilité qui résulte directement du fait qu'il faille
concilier une grande bande interdite pour minimiser les phénomènes d'ionisation
par choc, avec l'obtention d'une masse effctive équivalente relativement
faible. En fait, il nous semble que l'application visée axée plus
particulièrement sur la puissance, en favorisant les hautes fréquences, soit
déterminante dans les critères de choix. Ainsi si l'objectif recherché est
d'atteindre la fréquence du Térahertz, on peut d'aller encore plus avant dans
l'optimisation de la mobilité des matériaux. Dans ce but le système de matériau
InAs/AlSb, épitaxié notamment sur substrat GaAs par croissance métamorphique,
présente les critères essentiels, que sont un grande hauteur de barrière et une
très faible masse effective pour les zones InAs où s'effectue la modulation de
capacité. En revanche, on peut s'attendre à une tension d'avalanche et donc à
un seuil de conduction bien inférieur à celui mesuré dans ce travail pour des
structures InGaSs/InAlAs/AlAs. Enfin, il faut aussi prendre en compte la
maturité technologique de ce système, qui pour l'instant, fait encore l'objet
d'études fondamentales en relation avec les méthodes de croissance et les
technologies de fabrication des composants.
Pour des applications centrées sur la puissance, qui, à
notre avis nous semblent être un des objectifs majeurs des études composants
aptes à fonctionner aux longueurs d'ondes millimètriques et submillimètriques,
un certain nombre de solutions ont été testées. Tout d'abord au niveau de
chaque composant élémentaire, nous avons recherché à repousser systématiquement
les limites du claquage pour un choix des niveaux de dopage compatibles avec
des taux de modulation de al capacité importants. Dans l'état actuel des
structures, il nous semble que des fonctions dans l'ensemble de la gamme
millimètrique (30 GHz-300 GHz) soient envisageables. Ainsi, le dernier appel
d'offre E.S.A. basé sur l'utilisation de diodes S.B.V. à 250 GHz avec un niveau
de puissance délivré de l'ordre de 5 mW nous semble compatibles avec les
performances des composants fabriqués au cours de cette thèse. Dans l'optique
de fréquences plus élevées, avec notamment la fenêtre des 500 GHz située en
gamme submillimétrique, nous nous heurtons au problème de la saturation en
courant qui ne peut être surmontée, pour un système de matériaux donné, qu'en
augmentant les matériaux de dopage. Face à cette difficulté, nous avons
effectué une première évaluation des possibilités offertes par la mise en série
de deux diodes élémentaires épitaxiées sur un même substrat, ont été conformes
aux effets attendus avec un doublement de la tension admissible et un niveau de
capacité réduit de moitié. Ce résultat nous semble particulièrement importante
pour pallier nombre de limitations résultant directement de l'augmentation des
niveaux de dopage. Par ailleurs, cette intégration verticale n'est pas incompatible
avec une association matricielle des composants, toujours dans un objectif de
puissance.
Pour les structures sur membrane, qui sont à notre
connaissance parmi les premières structures fabriquées en Europe, un certain
nombre de problèmes ont été résolus avec la démonstration d'ondes se propageant
pratiquement à la vitesse d'une onde électromagnétique dans le vide et un
niveau très faible de perte dominé par les composantes métalliques. A notre
avis, il reste un problème de taille qui concerne l'adaptation entre les
milieux de propagation sur substrats épais et ceux sur membrane. Face à ce
problème résultant directement de la rupture d'épaisseur de substrat, qui se
fait sur des distances très courtes, nous avons considéré plusieurs types de
solutions qui, pour les meilleures, ont permis de réfléchir moins de un
vingtième de la puissance incidente.
Ce premier travail expérimental sur les structures de
propagation sur membrane a été complété par une première évaluation des
performances des structures de filtrage. Il nous semble en effet que ce type
d'applications soit le prolongement direct des études fondamentales des modes
de propagation, dans une optique système de détection hétérodyne. Pour ces
systèmes, il est impératif de filtrer les fréquences primaires et transposées.
Compte-tenu de la nouveauté du sujet, les systèmes de simulations actuels se
révèlent peu adaptés. La raison essentielle est le rapport d'aspect très
défavorable entre dimensions latérales et verticales des structures composites.
Pour contourner cette difficulté, nous avons introduit un milieu effectif moyen
qui donne des premiers éléments d'information sur les conditions de résonnance
sans toutefois décrire de façon exacte la fermeture des chaps électriques et
magnétiques. En revanche, l'analyse de circuits sur la base de schémas
équivalents se révèle suffisante pour traiter les phénomènes de couplage et la
formation des bandes passantes.
Le travail technologiques sur les membranes ne nous
semble pas limité aux seules applications hyperfréquences. Par l'analyse des
objets utilisés en microtechnologie, on constate que cette structure est
essentielle aux même titre que les micropoutres [1] ou les microponts. Une idée
particulièrement attrayante ou stimulante est d'étendre l'expérience acquise
dans les techniques de micro-usinage volumique au cas des membranes
semiconductrices. Un certain nombre de réalisations viennent d'être publiées
par l'Université de Darmstadt [2] sur des systèmes GaAlAs/GaAs qui présente une
sélectivité d'attaque due à la présence d'Aluminium. En ce qui nous concerne,
l'équipe s'est engagée vers l'utilisation du système de matériaux GaInAs/InP
[3][4] en complément des études menées dans ce travail.
BIBLIOGRAPHIE DE LA CONCLUSION GENERALE
|
[1] |
C. Seassal,
J. L. Leclercq and P. Victorovitch, "Fabrication of InP-based
freestanding microstructures by selective surface micromachining",
Journal of Micromech. Microeng., vol.6, 1996, pp 1-5 |
|
[2] |
K. Mutamba, M. Flath, A.
Vogt, A. Sigurdardottir, A. Dehé and H. L. Hartnagel, "Pressure sensors
based on stress dependence of AlGaAs/GaAs RTD characteristics",
HETECH'96 Workshop, Villeneuve d'Ascq, 15-17 September, 1996 |
|
[3] |
P. Salzenstein, P.
Mounaix, E. Lheurette, X. Mélique and D. Lippens, "Microtechnologie des
composés III-V", 6ième Journée Nanotechnologie, Paris, 21
Novembre 1995 |
|
[4] |
P.
Mounaix, E. Lheurette, X. Mélique and D. Lippens, "Surface
Micromachining of GaInAs/InP hetrostructures realised by selective wet
etching", 1st Europe-Asia Congress on Mechanics, Besançon, 1-3 October,
1996 |