fait au mesureur d'épaisseur
(Alphastep Tencor), le plan de référence étant défini par le contact
métallique.
Suite à ces premières opérations on dépose un second
contact ohmique sur la couche InGaAs découverte par l'attaque, suivi d'un recuit
rapide dans les conditions définies au chapitre I.
Enfin, l'isolation est assurée par un deuxième mésa
relativement peu profond permettant d'atteindre la couche d'InP semi-isolante.
Cette étape est beaucoup moins critique que la précédente avec un arrêt sur
l'InP compte-tenu de la sélectivité d'attaque entre les composés phosphorés et
ceux composant la couche active.
Néanmoins il faut veiller à ne pas trop prolonger cette
attaque pour limiter la sous-gravure.
Le second type de masque a été mis en place pour
faciliter les mesures en capacité-tension avec connexion au composant à l'aide
de pointes hyperfréquences. Encore très récemment, ce type de mesure n'était
possible que sur des structures parfaitement planaires. Ceci est possible en
considérant deux diodes tête bêche. Par contre, si l'on voulait accéder
directement aux caractéristiques d'un seul composant, il s'avérait impossible
de poser les pointes hyperfréquences sur un motif comportant un mésa, et donc
un dénivelé important. Depuis, des progrès notables ont pu être réalisés
concernant des sondes qui peuvent à présent absorber des dénivelés de l'ordre
du micromètre.
En fait, nous verrons qu'elles se révèlent très bien
adaptées pour les mesures de capacité à des fréquences de l'ordre de 500 MHz,
objectif essentiel des caractérisations.
Par contre, il apparaît illusoire de faire des mesures
hyperfréquences à des fréquences très élevées en utilisant ces motifs jusqu'à
plusieurs dizaines de GHz.
La raison essentielle est l'absence de ligne de propagation
de type coplanaire permettant de se connecter à l'échantillon à caractériser,
comme c'est le cas pour un motif de type micro-sonde hyperfréquence.
Pour ce dernier cas en effet, on peut définir sans
ambiguïté les modes de propagation incidents et réfléchis en très haute
fréquence ainsi que différents plans de référence.
Concernant la séquence technologique, elle est analogue à
celle du premier masque.
3.2. CARACTERISATION
La caractérisation concerne, d'une part, la mesure des caractéristiques
de conduction I(V), et d'autre part, les variations de capacité C(V) en
fonction de la tension. Les mesures des courbes I(V) ont été faites à l'aide du
banc de mesure continu intégrant le logiciel I.C.C.A.P. Ce banc permet de faire
des mesures systématiques avec des pas de tension très faibles, avec une
résolution dans les valeurs de courant de l'ordre du pA.
Ces mesures continues ont été faites à température
ambiante avec une simple connexion par pointe D.C. mais également à la
température de l'azote liquide.
Pour ce dernier cas il est nécessaire de procéder à la
découpe de la plaquette afin de monter les diodes en boîtier. Une mesure sous
pointe en froid est également envisageable mais en pratique, elle s'est avérée
impossible à mettre en œuvre en l'absence d'équipement sous vide. Le fait de
travailler sous atmosphère normale conduit très rapidement à la formation de
givre rendant impossible toute étude fiable des caractéristiques de la diode
dans ces conditions.
La procédure de montage des échantillons dans des
boîtiers de type B.M.H.60 est courante au laboratoire, avec collage des
échantillons sur la semelle servant de point de masse et connexion aux lignes
micro-ruban à l'aide de microfils d'or. Par rapport à cette procédure conventionnelle,
nous avons préféré dans certains cas l'utilisation d'une colle conductrice à
l'argent qui, par polymérisation (150°C, 5 min) permet de réaliser des contacts
stables mécaniquement et supportant des écarts importants de température.
Nous n'avons pas effectué d'étude systématique entre 77
et 300 K par l'utilisation d'un cryostat, la mise de l'échantillon à la
température de l'azote liquide se faisant simplement en plongeant le boîtier
raccordé à un fil coaxial directement dans l'azote liquide.
3.3. RESULTATS
3.3.1. ECHANTILLON
InGaAs/InAlAs/InGaAs [5]
La figure II.8 donne la caractéristique de conduction
d'une diode InGaAs/InAlAs/InGaAs en polarisation directe et inverse.
Par rapport au point à 0 Volt, on note une dissymétrie des
caractéristiques I(V). De plus, on constate que la diode se met à conduire
assez rapidement puisqu'à 2 Volt, la densité de courant est de l'ordre de 10
A/cm2 sachant que cet échantillon a une section de 30x30µm2.
En polarisation inverse, cette densité est réduite d'un quart. Ces premiers
résultats sont une première illustration des difficultés rencontrées dans la
fabrication des diodes simple barrière qui seront résolues par la suite. D'une
part, la dissymétrie des caractéristiques peut trouver son origine dans les
différences entre les interfaces directes (InAlAs/GaInAs) et inverses
(GaInAs/InAlAs). D'autre part, il semble que les processus de conduction à
faible tension puissent s'expliquer par des phénomènes de conduction parasites,
notamment par la présence de défauts dans la barrière. Nous reviendrons plus en
détail sur cette hypothèse.
Si à présent on compare les caractéristiques I(V) entre
l'ambiante (figure II.9) et 77 K (figure II.10) pour ce type de structures, on
constate que la mise en froid retarde notablement l'apparition des phénomènes
de conduction en permettant de définir un plateau où les composantes de courant
parasites sont maintenues à des niveaux très faibles. De manière générale, on
note donc que la descente en température permet de réduire la conduction en
minimisant les phénomènes activés thermiquement. Cependant, seule une étude
systématique pourrait permettre de dissocier effet tunnel pur ou assisté par
défauts et émission thermoionique.
Les mesures de capacité sur cet échantillon fabriqué à
l'aide du premier jeu de masque, ont été faites à l'aide d'un banc permettant
la mesure de l'impédance complexe en basse fréquence à 1 MHz. On peut en
déduire directement par la mesure de la susceptance les non-linéarités de
capacité.

Figure II.11: Evolution de la capacité avec la polarisation pour une
diode de 30x30 µm²
Nous avons vu que la diode commence à conduire dès 1
Volt, ce qui pourrait interdire toute mesure de capacité directe au delà de
cette valeur qui correspond à l'apparition du courant de fuite. Il faut
cependant noter que le niveau d'impédance de la partie résistive reste encore
très supérieur à celui de la capacité au delà de cette tension de seuil. A
titre d'ordre de grandeur, le niveau d'impédance déduit de la caractéristique
de conduction à 1 Volt est de quelques kW alors que celui
correspondant à la partie réactive est proche de 100 W pour une capacité de l'ordre du pF mesurée à
1MHz. La figure II.11 montre les variations de capacité en fonction de la tension
mesurées dans ces conditions en polarisation directe entre 0 et 2 Volt. La
capacité à l'équilibre est de 1,5 pF. Celle mesurée à des tensions de 1,5 Volt
a des valeurs proches de 0,6 pF correspondant donc à un rapport de 3.
3.3.2. ECHANTILLONS GaInAs/AlInAs/AlAs/AlInAs/GaInAs
Pour ces échantillons deux séries ont pu être fabriquées
et caractérisées. La caractéristique I(V) obtenue pour la première série [6][7]
est donnée sur la figure II.12. Comparativement aux résultats précédents, les
variations du courant en polarisation directe et inverse sont ici extrêmement
similaires. Ceci reflète une très bonne maîtrise des procédés de croissance
notamment en ce qui concerne la formation des interfaces. Quant aux courants de
fuite, ils ne deviennent significatifs (c'est-à-dire supérieurs à quelques
dizaines d'Ampère par cm2) que pour une tension supérieure à 6 Volt.
Il est certain que ce très bon résultat s'explique par la présence de la
barrière d'AlAs, mais aussi, cette hypothèse sera confirmée par la suite, par
la très bonne qualité du matériau de barrière avec des mécanismes de conduction
non assistés par défaut.
En ce qui concerne les mesures de capacité, elles ont été
faites pour des échantillons de sections assez faibles (100 µm2)
avec une série de masques utilisée pour des diodes doubles barrière [8]. Les
variations de capacité mesurées pour ce type de composant à 1GHz sont données
sur la figure II.13. La capacité C0 à 0 Volt est de 250 fF, ce qui
correspond pour une section A=100µm² à une capacité normalisée de 2,5.10-7
F/cm². A tension croissante, on observe une rapide décroissance des valeurs de
capacité pour atteindre, aux tensions du seuil de conduction, des valeurs
proches de 75 fF donnant un rapport C0/Csat de 3,5. On
observe également comme dans le cas précédent une très bonne symétrie dans les
caractéristiques C(V).
La seconde série d'échantillons reprend les mêmes
paramètres de structure, notamment la structure en "marche
d'escalier" de la barrière bloquante avec des procédés de fabrication
basés sur le second jeu de masque.
Les caractéristiques obtenues dans ce cas sont
visualisées sur les figures II.14 et II.15. Pour les caractéristiques de
conduction, il n'y a pas de changement notable comparativement aux résultats
précédents. En revanche, le rapport C0/Csat a pu être
amélioré avec des valeurs comprises entre 5 et 6, ce qui constitue actuellement
l'état de l'art. Pour expliquer cette amélioration dans les valeurs de rapport
de capacité, entre les deux séries obtenues après caractérisation des deux
types d'échantillon A et B, il apparaît que la seconde série a une conduction
encore plus retardée comparativement aux échantillons de la première série. Il
en résulte que la valeur de capacité, mesurée entre 0 et 6 Volt, correspond
tout-à-fait à la capacité intrinsèque de l'échantillon. Celle-ci peut être
obtenue directement, dés que l'information du dipôle équivalent parallèle est
connue. En revanche, si la diode commence à présenter un courant de fuite
caractéristique, l'alimentation du banc de mesure commence à débiter du courant
dans une résistance de polarisation d'environ 2 kW. Le diviseur de tension qui
en résulte fait qu'il peut y avoir des différences significatives entre la
tension réellement appliquée aux bornes de la diode et la tension de commande.
Avec cette hypothèse, nous n'arrivons pas, pour la première série
d'échantillon, à la valeur limite de la capacité alors que pour la seconde
série, l'absence de conduction jusqu'à 6 Volt a pour conséquence que la valeur
limite est atteinte. Globalement, le rapport C0/Csat s'en
trouve amélioré.
4. ANALYSE DES RESULTATS
Cette analyse des résultats est double. Dans un premier
temps, nous allons nous efforcer de calculer les caractéristiques alors que
dans un second temps nous nous intéresserons à la détermination de la capacité.
4.1. CARACTERISTIQUE DE CONDUCTION
Plusieurs modèles sont disponibles pour évaluer la
densité de courant pour une barrière de potentiel encadrée par deux zones fortement
dopées. En fait, de façon très simple, la densité de courant globale traversant
la structure, c'est-à-dire par émission thermoionique ou par effet tunnel, va
dépendre en premier lieu de la transmission T(E) de la structure et en second
lieu, de la densité des états électroniques peuplés dans l'émetteur et vides
dans le collecteur.
Concrètement, on décrit ce deuxième terme par la fonction
d'alimentation notée F(E). Il en résulte que chaque intervalle d'énergie [E,
E+dE] donne un élément de courant dJ qui est directement proportionnel au
produit F(E)xT(E). Le courant global pour une polarisation donnée est ensuite
déduit par l'intégration sur l'ensemble des valeurs d'énergie accessibles aux
électrons, c'est-à-dire pour des conditions basse température entre le bas de
la bande de conduction et le niveau de Fermi, ou au-delà, à plus hautes
températures compte-tenu du peuplement par activation thermique.
Mathématiquement, la fonction d'alimentation (Supply
Function) F(E) a pour expression:

où V est la tension de polarisation
appliquée,
T la température,
k la constante de Boltzman.
Pour la transmission, dans des cas simples, comme celui
utilisé sur la figure II.16, on peut utiliser l'approximation W.K.B.
(Wentzel-Kramers-Brillouin).
T proportionnel à
![]()
où ½k(x)½ est la valeur absolue du vecteur d'onde
imaginaire correspondant à
l'atténuation dans la barrière,
et les points x1 et x2
les limites effectives de la barrière à l'énergie considérée E.
Une première estimation des densités de courant peut être
faite en utilisant ce modèle simplifié. Cependant, les structures réelles comme
celles fabriquées et testées dans ce travail mettent en jeu trois autres
mécanismes, schématisés sur les figures II.17a, II.17b et II.17c, à savoir:
- des mécanismes de
diffusion dans les zones d'espaceurs modulées en dopage (figure II.17a)
- accumulation en amont de
la barrière (figure II.17b)
- désertion en aval de
celle-ci (figure II.17c)
Par réaction de charge d'espace, il en résulte des effets
de courbure de bande particulièrement prononcés pour la diffusion et
l'accumulation qui entraînent la formation de barrières et de puits de
potentiel électrostatiques.
Par rapport à l'approche simplifiée précédente il nous
faut donc tout d'abord décrire ces effets de réaction de charge d'espace et en
déduire un profil réaliste de potentiel dans les zones adjacentes à la barrière
bloquante. Dans ce but, nous allons utiliser l'approximation de Thomas-Fermi
qui relie la densité d'état Nc et la densité de porteurs libres n par
l'équation:
(équation 1)
où
est l'intégrale de Fermi d'ordre 1/2 ayant pour expression:
![]()
Cette valeur de densité de charges libres est ensuite
utilisée dans l'équation de Poisson qui dans le cas unidimensionnel s'écrit:
(équation 2)
où V(x) est le potentiel local à une abscisse x donnée où sont
présentes des charges fixes, les donneurs ionisés, et libres, les électrons qui
vont "construire" le potentiel.
Il n'y a donc pas de réaction de charge d'espace due au
courant. Dans la littérature anglo-saxonne, on parle de "zero-current
approximation".
Le traitement est auto-cohérent, les charges modifiant le
potentiel, qui modifie à son tour la densité de charge, et demande donc de
résoudre de façon couplée les équations (1) et (2).
Pour la position du niveau de Fermi, nous avons pris
comme hypothèse essentielle qu'il est constant de part et d'autre de la
barrière avec une position de référence définie loin de la barrière,
c'est-à-dire, dans des conditions de potentiel plat. Les fonctions
d'alimentation seront définies dans ces zones de potentiel plat.
Au voisinage de la barrière, les champs électriques
internes peuvent être importants, même à l'équilibre, compte-tenu des effets de
courbure. Néanmoins, nous supposerons que les régions assurant l'injection et
la collection des porteurs de charge sont en équilibre thermodynamique,
c'est-à-dire présentent un potentiel chimique (niveau de Fermi) constant,
respectivement EFe et EFc.
La tension appliquée à la simple barrière va décaler les
niveaux respectifs EFe et EFc , la chute de potentiel
étant restreinte à la barrière de potentiel uniquement. Dans cette zone vide de
porteurs (rigoureusement il y a pénétration des fonctions d'onde mais cet effet
est négligeable compte-tenu de l'épaisseur des barrières), nous n'avons pas à
définir de niveau de Fermi, et nous supposerons un champ électrique constant.
A ce stade, puisqu'il n'y a pas déformation de la
barrière, on pourrait calculer les transmissions par W.K.B. Cependant, comme
nous avons défini les fonctions d'alimentation loin de la barrière pour
retrouver des conditions d'équilibre entre les concentrations électroniques n
et de dopants ND, il nous faut avoir accès à la transmission de
l'ensemble de la structure incluant les espaceurs à fort effet de courbure.
Dans ce but, nous avons utilisé un programme de simulation numérique de
structures quantiques capable de calculer les probabilités de transmission pour
chaque valeur d'énergie et ceci, pour un potentiel quelconque. Ce programme a
fait l'objet de très nombreux travaux [9][10]. Rappelons très brièvement qu'il
permet de calculer les fonctions d'onde sur l'ensemble de la structure par
résolution de l'équation de Schrödinger unidimensionnelle dans l'approximation
de la masse effective. En pratique, ce programme utilise des méthodes
numériques de Runge-Kutta en effectuant un calcul, par itérations successives,
de l'amplitude et de la phase des fonctions d'onde correspondant à une énergie
donnée. Une des principales hypothèses consiste à supposer une masse constante
égale à celle du matériau volumique d'émetteur. En pratique, le choix de la
masse effective est encore problématique [11] pour des structures à très forte
hauteur de barrière de potentiel. On peut en effet concevoir que l'atténuation
dans la barrière de l'onde électronique ne dépende pas de la masse effective du
bas de bande de conduction du matériau de barrière, mais soit plutôt reliée à
l'énergie du porteur incident. En fait, si l'on introduisait des sauts de
masse, et dans la mesure où la masse du matériau de barrière à grand gap est
importante, on minorerait dans ce cas les valeurs de la transmission.
Sur la figure II.18 nous avons résumé sous forme
d'organigramme les différentes étapes du calcul de la densité de courant.
4.2. CARACTERISTIQUES CAPACITE-TENSION
Dans l'organigramme précédent, nous avons déjà introduit
le profil de charge n(z) qui résulte de la résolution auto-cohérente des
équations de Poisson et de Thomas-Fermi. La capacité de la structure ne sera
qu'une mesure des variations de charge en fonction de la tension appliquée. De
façon schématique, la diode se comporte comme un condensateur plan où le
courant de déplacement dépend directement des variations de charge dans les
zones d'écrantage du champ électrique. On a donc le choix en effectuant, soit
un calcul des charges intégrées sur l'espace à gauche de la structure dans la
zone d'émission, soit à droite dans la zone de collection. Ces approches sont
équivalentes, et en pratique, nous avons calculé les variations de charge
accumulées. Quant aux limites d'intégration, elles doivent en toute rigueur
intégrer les zones d'accés fortement dopées. Néanmoins, on constate que les
variations de charge sont dominées par celles du dipôle qui se crée de part et
d'autre de la barrière. Ainsi, la valeur de la capacité normalisée par rapport
à la section peut être déduite très simplement par la relation suivante:
![]()
avec
![]()
L'intervalle d'intégration W peut se définir très simplement
au point d'abscisse où le semiconducteur revient localement à l'équilibre ( n =
nD) dans l'espaceur et l'hétérojonction en amont. Concrètement, le
domaine d'écrantage du champ, W, est important et peut dans
certains cas être du même ordre de grandeur, voir même plus grand que
l'épaisseur de barrière. Il en résulte que les calculs qui seront faits à
partir de ces simulations diffèrent notablement de l'approximation du
condensateur plan souvent pris comme première valeur de référence. Rappelons que,
dans ce cas on suppose que la capacité est donnée par l'expression:
(exprimée en F/m)
où w est l'épaisseur de la
barrière.
Ce qui sous-entend des
densités surfaciques de champ sans étalement sur l'espace.
Il reste un problème fondamental qui concerne
l'exactitude d'une approximation basée sur l'équation semi-classique de
Thomas-Fermi. C'est un problème tout à fait général qui concerne également la
validité du potentiel calculé précédemment. De façon rigoureuse, il est certain
qu'en créant un puits quantique d'origine électrostatique, comme vu
précédemment, par l'accumulation de charges, il y a quantification des niveaux
d'énergie dans ce puits. Ces effets ont été mis en évidence très tôt, notamment
pour des structures utilisant des effets de conduction, comme c'est le cas des
hétérostructures double-barrière. On montre que dans ce cas, il y a injection
des porteurs bidimensionnels à partir du puits de la zone d'accumulation de
forme quasi-triangulaire. En fait, il s'agit d'un problème plus complexe qui
est relatif aux composantes dominantes de courant. Nous verrons par la suite
que, seuls, les états étendus participent majoritairement à la conduction et
que la contribution de courant venant des états localisés de ce puits
quasi-triangulaire, est du deuxième ordre. On montre également que du point de
vue du potentiel, et donc des charges, les approches théoriques basées sur la
résolution auto-cohérente, d'une part des équations de Schrödinger (prise en
compte des effets de quantification) et de Poisson, et d'autre part de
Thomas-Fermi et de Poisson [12] sont équivalentes.
4.3.ANALYSE DES RESULTATS
4.3.1.STRUCTURE InGaAs/InAlAs/InGaAs
Sur la figure II.19 nous avons représenté respectivement
le profil de potentiel, la carte de champ électrique et le profil de
concentration en porteurs libres calculés à partir des procédures numériques
décrites précédemment pour une structure de type A (InGaAs/InAlAs/InGaAs).
Compte-tenu des zones InGaAs dopées 1017 de
3000 Å, on constate qu'il y a retour à l'équilibre et donc indépendance des
zones réservoir et quantique, avec un niveau de Fermi légèrement inférieur au
bas de bande de conduction. En revanche, les zones réservoir sont fortement
dégénérées avec un positionnement du niveau de Fermi par rapport à EC
à quelques centaines de meV, donc une situation tout à fait favorable pour
assurer une bonne ohmicité des contacts. On note par ailleurs que l'espaceur
aval dans lequel s'effectue la désertion progressive des charges amplifie
notablement les tensions apportées par la structure. Il joue le rôle de bras de
levier en accentuant les tensions admissibles.
Pour le champ électrique (figure II.19b), on note que les
pics de champ électrique limitant la diffusion des électrons aux interfaces n+/n,
atteignent des valeurs relativement importantes avec des champs de plus de 100
kV/cm aux zones de transitions supposées abruptes. Quant au champ électrique
interne résultant de l'application d'une tension Va , il prend
également des valeurs supérieures à 100 kV/cm, même pour des valeurs de
tensions limitées, compte-tenu des faibles dimensions mises en jeu. Cette
remarque est importante dans la mesure où, en travaillant avec un matériau à
petite bande interdite, les champs critiques pour initialiser les mécanismes
d'avalanche sont également relativement faibles.
Les phénomènes de diffusion, de désertion et
d'accumulation sont quantifiés par la figure II.19c avec une densité volumique
de charges accumulées maximale à l'interface InGaAs/InAlAs de l'ordre de 1018
cm-3. L'ordre de grandeur pour la densité de charges intégrée sera
dans ce cas très rapidement supérieure à 1012cm-2.
Pour mieux comprendre les mécanismes de conduction pour
ces structures de type A, nous avons détaillé sur la figure II.20 les
variations de potentiel respectivement pour des tensions de 2 et 3 Volt. Cette
figure illustre deux aspects. En premier lieu, on observe que l'accumulation de
charges est responsable d'un abaissement notable de la barrière. A titre
d'ordre de grandeur, en partant d'une situation où la discontinuité est de
l'ordre de 500 meV, pour une tension de 2 Volt, la zone d'accumulation se
creuse d'environ 200 meV. La barrière apparente, c'est-à-dire celle que l'on
peut définir entre le niveau de Fermi et le haut de la barrière de potentiel
n'est plus que de 300 meV. Cet abaissement de barrière est également mis en
évidence grâce au calcul de la transmission dont les résultats sont
représentées sur la figure 21 en fonction de l'énergie des porteurs incidents.
La transmission représentée en échelle logarithmique présente un changement
notable de pente à l'énergie de seuil 300 meV. Pour cette valeur, la
transmission n'est pas unitaire ( log T(E) = 0 ) bien que l'énergie considérée
soit située au dessus de la barrière, et ce n'est que progressivement que l'on
atteint une transmission complète. Ce phénomène de réflexion quantique est bien
connu en mécanique quantique. Aux valeurs d'énergies situées sous ce seuil de
transmission quantique, les valeurs de transmission sont très faibles ce qui
montre que, seuls, les porteurs d'énergie élevée sont théoriquement capables de
participer à la conduction.
Une autre information qui peut être tirée de la figure
II.21 concerne la triangularisation de la barrière sous polarisation. Il est
certain que lorsque la chute de potentiel exprimée en eV sur la barrière
proprement dite excède la discontinuité de la barrière de potentiel, le passage
par effet tunnel se trouve facilité. En fait, l'effet tunnel est alors du type
Fowler-Nordheim et on peut s'attendre dans ce cas à des valeurs de courant de
fuite beaucoup plus importantes, résultant d'une augmentation des probabilités
de transmission. Pour la structure étudiée, on constate que la
triangularisation complète de la barrière intervient vers 2 Volt, en accord
avec l'expérience qui prévoit une augmentation importante du courant pour cette
polarisation.
De cette première expérience, nous retiendrons que le
critère d'une barrière épaisse n'est pas suffisant, motivant la fabrication de
structures de type B avec une barrière centrale renforcée grâce à
l'incorporation d'AlAs.
Avant de considérer plus en détail ces structures, il
nous semble également intéressant de faire une comparaison théorie-expérience
aux faibles valeurs de tension. Cette comparaison est faite sur la figure II.22
où nous avons rassemblé trois résultats caractéristiques de structures de
différentes sections, respectivement 15x15, 30x30, et 50x50 µm2. Les
valeurs de courant normalisées sont comparables ce qui montre a priori
l'absence de conduction surfacique significative sachant que la surface des
mésas n'a pas été passivée. Cependant, la comparaison entre les valeurs
théoriques et calculées montrent un écart de plusieurs ordres de grandeur aux
faibles valeurs de tension.
De toute évidence, il existe une composante de courant
assistée qui permet le franchissement de la barrière de potentiel même à
tension très faible, bien avant que n'apparaissent les phénomènes de passage
par effet Fowler-Nordheim. L'hypothèse la plus probable est l'expérience de
défauts profonds avec des énergies caractéristiques situées en regard des états
peuplés de la zone d'injection, les porteurs transitant via ces défauts.
L'étude de ces mécanismes de conduction assistée par défaut schématisée sur la
figure II.23 sort du cadre de ce travail. On pourra trouver dans la littérature
des études spécifiques sur ces mécanismes [13][14][15][16]. Cependant les
résultats obtenus illustrent la difficulté d'obtenir une barrière de bonne
qualité et il nous semble qu'un certain nombre de résultats présentés dans la
littérature avec des tensions de seuil de blocage relativement faibles ont dû
présenter des phénomènes de conduction parasite analogues.
4.3.2. STRUCTURE InGaAs/AlInAs/AlAs/InAlAs/InGaAs
Si l'on s'intéresse à présent aux structures de type B
(GaInAs/AlInAs/AlAs/ AlInAs/GaInAs), on obtient typiquement comme profil de
potentiel à la tension critique de 6 Volt, les variations visualisées sur la
figure II.24.a. Les courbures de bande sont tout à fait analogues à celles
décrites précédemment. Par ailleurs, deux types d'informations peuvent être
extraites. Tout d'abord, il apparaît que la structure en "marche
d'escalier" dans la condition de polarisation ne permet pas de tirer parti
du niveau quantique du potentiel triangulaire cristallin qui se forme sous
polarisation à gauche dans la structure.
Ensuite, et conformément aux règles de conception, on
constate que la zone désertée s'étend pratiquement sur l'ensemble de la zone
GaInAs dopée 1017 cm-3. Le choix du couple (3000 Å, 1017
cm-3) est donc satisfaisant de ce point de vue, en contrepartie les
valeurs de champ électrique mises en jeu (fig.II.24.b) sont importantes et on
peut se poser la question de savoir si les mécanismes de conduction n'ont pas
pour origine la multiplication par avalanche.
L'étude fine de ces phénomènes, notamment en température,
ce qui permet de discriminer conduction par effet tunnel ou conduction par
avalanche sera exposée dans un travail de thèse ultérieur [17]. Rappelons
toutefois que le matériau GaInAs est un matériau très "sensible" du
point de vue de l'ionisation par chocs car les porteurs de charge acquièrent
très vite l'énergie de seuil d'ionisation (de l'ordre de 3/2 de Eg) dans le
champ électrique. Rigoureusement, la tension d'avalanche va correspondre à la
condition d'un facteur de multiplication M tendant vers l'infini. On montre que
pour les semiconducteurs, cette condition est obtenue mathématiquement lorsque
l'égalité suivante est satisfaite:
![]()
Dans cette expression les coefficients d'ionisation a et b sont exprimés en cm-1
respectivement pour les électrons et les trous.
En première analyse, il est également possible d'utiliser
les travaux de Sze et Gibbons [18] sur les calculs de tension d'avalanche pour
un certain nombre de matériaux, notamment le Silicium, le Germanium et
l'Arséniure de Gallium. Grâce à ces études systématiques les auteurs ont pu
établir la formule universelle suivante pour une jonction p-n abrupte:

Dans cette expression permettant d'estimer la tension
d'avalanche (breakdown) Eg est la bande interdite du matériau massif exprimée
en eV, Nep est la concentration en dopant de la couche épitaxiée
(epilayer) exprimée en cm-3.
Pour utiliser cette approximation, nous supposerons que
l'ionisation ne peut se faire que dans la zone à petite bande interdite
(InGaAs). La valeur du gap est donnée par:
Eg = 0,324 + 0,7x + 0,4 x2
On obtient Eg = 0,74 eV, ce qui donne, pour Nep
= 1017 cm-3, une tension d'avalanche
Vb = 5,9 Volt,
valeur tout à fait
comparable à ce que l'on mesure expérimentalement.
En réalité, il est difficile d'attribuer avec certitude
le mécanisme de conduction dominant. Pour illustrer ce point, nous avons
reporté sur la figure II.25 la caractéristique de conduction calculée à partir
du formalisme général développé dans le paragraphe 4.1. en supposant des
mécanismes de conduction par effet tunnel prépondérant. Ici encore, l'accord
théorie-expérience est relativement bon avec absence de conduction jusqu'à des
tensions de l'ordre de 5 Volt où on observe une augmentation notable du courant
de fuite.
Quoi qu'il en soit, ces estimations de la tension de
seuil correspondant au régime d'avalanche et de la tension critique avec une
conduction de type tunnel montrent que nous sommes pratiquement à la structure
optimale. En effet, augmenter encore plus l'épaisseur de la barrière devrait
repousser les mécanismes de conduction par effet tunnel sans modifier cependant
la tension critique de conduction. Inversement, on peut penser baisser le
niveau de dopage dans la zone d'espaceur étendu avec comme conséquence une
augmentation de la tension d'avalanche.
Il reste à voir si les caractéristiques de conduction basse
tension sont correctement décrites par le modèle. Dans ce but nous avons tracé
sur la figure II.26 respectivement les variations expérimentales I(V) et celles
calculées par le modèle théorique. Comparativement aux résultats précédents
relatifs à la structure A, l'accord théorie-expérience est ici très bon
pratiquement jusqu'à 1,5 Volt et ceci pour une variation de courant sur trois
décades. En fait dans cette gamme de tension, on peut mettre en évidence le
rôle prépondérant de la barrière AlInAs par un simple changement de l'épaisseur
de cette barrière. Au delà de 2 Volt, qui, rappelons-le, correspond à la
triangularisation prononcée de la barrière AlInAs, la barrière AlAs joue
pleinement son rôle en s'opposant au passage des électrons entre pratiquement 2
et 5 Volt. Dans cette gamme de tension, les différences entre mesures et calcul
sont plus marquées.
De façon un peu paradoxale, le courant calculé
théoriquement est surestimé. Plusieurs hypothèses peuvent cependant être
évoquées.
Tout d'abord une hauteur de barrière AlAs/InGaAs
surestimée. les calculs ont été faits avec 1,2 eV. Ensuite une épaisseur
nominale de la barrière légèrement plus faible que celle épitaxiée réellement.
Enfin, il nous semble qu'une explication possible soit
une surrestimation des valeurs de transmission dans la mesure où ces calculs
ont été effectués à masse effective constante avec une valeur correspondant à
celle du matériau GaInAs, soit 0,042 m0. Nous avons déjà évoqué ce
problème, qui a par ailleurs été étudié dans la thèse de Véronique Sadaune
[19]. Dans la réalité, les porteurs vont "tunneler" avec une masse
effective intermédiaire entre celle du matériau d'espaceurs GaInAs et celle du
matériau de barrière qui est constitué ici d'une structure composite AlInAs/AlAs.
On pourrait, pour améliorer cette comparaison théorie-expérience, considérer la
masse tunnel équivalente comme un paramètre phénomènologique. Il nous semble
néanmoins que la mise en œuvre de ce procédé n'apporterait pas d'information
nouvelle quant aux mécanismes de conduction mis en jeu.
La valeur normalisée de la capacité à 0 Volt est de
l'ordre de 2.10-7 F/cm2, en très bon accord avec
l'expérience. Dès les faibles polarisations, la capacité chute brutalement pour
atteindre une valeur de 10-7 F/cm2 pour une tension de 1
Volt. La "respiration" de capacité est au-delà de cette valeur plus
lente avec des valeurs limites entre 0,4 et 0,6.10-7 F/cm2
. Les rapports de capacité C0/Csat sont respectés avec
des valeurs comprises entre 3 et 5.
Pour mieux comprendre ces variations de capacité, nous
avons reporté sur la figure II.27 les variations de la charge intégrée ns
en fonction de la tension. Les variations de ns avec v sont
relativement marquées lorsque la zone d'accumulation commence à se creuser,
c'est-à-dire aux faibles tensions, entraînant une chute brutale des capacités
mathématiquement par la dérivation. Au delà, on tend vers une pente
quasi-constante correspondant à une capacité en saturation.
4.4. PERFORMANCES POTENTIELLES
A partir de ces résultats de caractérisation statique
I(V) et dynamique C(V), il nous est possible de faire une première évaluation
des performances potentielles de ce type de composants.
En premier lieu considérons la fréquence de coupure qui
est le paramètre essentiel, non seulement pour estimer les fréquences de
fonctionnement mais aussi les rendements de conversion. Cette fréquence de
coupure a pour expression
![]()
Dans cette expression,
Rs
est la résistance
série globale
Smax et Smin désignent
respectivement les élastances maximales et minimales
Ces derniers termes sont directement reliés aux valeurs
de capacité C0 et Csat.
![]()
![]()
Pour évaluer fc, il s'agit par conséquent de
déterminer la résistance série du composant. Idéalement cette résistance série
devrait être déduite des mesures de paramètre S:(Sij) en adoptant la
démarche suivante. Dans une large gamme de fréquence, il faut dans un premier
temps mesurer les évolutions fréquentielles du module et donc de la phase du
coefficient de réflexion. Ensuite il est théoriquement possible de déterminer
le schéma électrique équivalent incluant notamment les valeurs de resistances
série. C'est cette démarche qui a été utilisée dans l'équipe pour les diodes à
effet tunnel résonnant, notamment en suivant l'évolution de la fréquence de
coupure de la partie résistive de l'impédance, lorsque le composant est
polarisé en résistance différentielle négative. Cette procédure d'évaluation ne
peut être utilisée pour les diodes simples barières, principalement à cause des
grandes sections mises en jeu. On peut se rendre compte des problèmes liés à
l'utilisation de sections importantes par des calculs relativement simples en
présupposant une valeur de résistance normalisée par rapport à la surface,
majorée par 10-6 W.cm2. Compte-tenu
de cette valeur et si l'on caractérise un composant de 3x3 µm2 de
section, la valeur de résistance attendue est de 10 W. Elle n'est plus que de 1 W à 10x10 µm2 et devient non
mesurable pour des composants de sections supérieures. En outre, il apparaît
que, si les masques utilisés permettent une évaluation fiable de la capacité
mesurée typiquement à 500 MHz, ils se révèlent par contre trop simplifiés pour
que ces caractérisations puissent être faites à très hautes fréquences.
Rappelons à titre d'exemple, que pour des masques comportant des lignes d'accès
coplanaires, mais qui par contre, impliquent des techniques de connexion par
pont-à-air, les mesures peuvent être menées jusqu'à 40 GHz, voire au delà.
Pour résoudre ce problème de la détermination de la résistance
série, nous avons adopté une démarche en deux temps en supposant que deux
termes sont déterminants: d'une part la résistance de contact notée RC,
et d'autre part, la résistance de la couche épitaxiale notée Répi.
La résistance de contact peut être mesurée par des techniques de type TLM
décrites dans le chapitre I. L'échelle de résistance nécessaire à cette
évaluation peut être faite, soit sur la couche en-tête (cap layer), soit sur la
couche enterrée qui présentent toutes deux le même dopage. Rappelons que les
niveaux de dopage choisis sont ici relativement élevés ( nD = 5.1018
cm-3 ) comparativement à des composants équivalents type GaAs, où
généralement, la valeur de dopage est limitée à 2.1018cm-3.
Conformément à l'analyse simplifiée du paragraphe I.1. et compte-tenu de
l'utilisation d'un matériau à petit gap, les valeurs mesurées par TLM sont
typiquement de l'ordre de 2.10-7W.cm2. Pour la
résistance de la couche épitaxiée, un ordre de grandeur peut être obtenu à
partir des données des matériaux et du dopage. En continu l'expression de la
résistance est:
![]()
avec l, l'épaisseur de la couche épitaxiée,
S, la section du composant
r, la résitivité qui a pour
expression: ![]()
Il s'agit donc de déterminer la conductivité correspondant
à un dopage nD de 1017 cm-3
pour le GaInAs avec une longueur de 3000 Å. Notons cependant que la dégradation
de la mobilité à dopage croissant, compte-tenu de l'interaction sur impuretés
ionisées, est encore mal connue. En dépit de cette lacune, une première
estimation peut être faite en supposant que la perte de mobilité à dopage
croissant est comparable à celle du GaAs. Avec cette hypothèse, une valeur de
7000 cm2/V.s semble réaliste. On trouve alors dans ce cas une
résistance normalisée de 3.10-7 W.cm2 , par
conséquent du même ordre de grandeur que la résistance de contact.
En utilisant la valeur de résistance globale RS
= 5.10-7 W.cm2 , on obtient
des fréquences de coupure fc supérieures à 5 THz.
Il faut bien comprendre que cette valeur de 5 THz, qui
apparaît comme extrèmement élevée comparativement à celle de composants plus
conventionnels tels que les transistors, montre que la diode peut fonctionner
dans de bonnes conditions à des fréquences très élevées, typiquement 500 GHz, soit
une fréquence dix fois inférieure à la fréquence de coupure. On montre dans ces
conditions, que les rendements de conversions peuvent être très importants, une
valeur typique serait 10 % de transfert effectif entre la puissance multipliée
et la puissance de pompe. Par contre, lorsque la fréquence de fonctionnement
approche la fréquence de coupure, les rendements de conversion chutent
brutalement, bien en dessous du pourcent.
D'autres phénomènes physiques sont cependant à prendre en
considération lorsque l'on cherche à évaluer de la façon la plus réaliste
possible les rendements de conversion. On se heurte en particulier aux
problèmes de saturation de courant, lorsque le courant de déplacement imposé
par le signal de pompe dans la zone désertée devient du même ordre de grandeur
que le courant maximum de conduction dans la zone non désertée. Nous
reviendrons plus en détail sur ces aspects dans le chapitre IV traitant des
perspectives d'application.
CONCLUSION
En conclusion de ce chapitre, il nous semble important de
retenir que le système de matériau GaInAs/AlInAs épitaxié sur substrat InP
permet de fabriquer des diodes simples barrière varactors à très faible courant
de fuite. Il convient cependant d'insérer une barrière d'AlAs épitaxiée en
croissance pseudomorphique pour retarder les mécanismes de conduction par effet
Fowler-Nordheim et ainsi, profiter pleinement des modulations de capacité [20].
En utilisant cette astuce, des tensions de plus de 5 Volt ont pu être obtenues
en maintenant des densités de courant inférieures à 10 Å/cm2 avec un
rapport entre capacités à l'équilibre C0 et en saturation Csat
de l'ordre de 5. Les niveaux de résistance séries sont également extrèmement
faibles (5.10-7W.cm2) compte-tenu
de l'utilisation de matériaux à petits gaps et donc à grande mobilité, pouvant
par ailleurs être dopés fortement. Les fréquences de coupures calculées
excèdent dans ces conditions 5 THz, permettant d'envisager un fonctionnement
aux longueurs d'ondes sub-millimétriques notamment à 500 GHz.
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