CHAPITRE I:
PROCEDES TECHNOLOGIQUES ELEMENTAIRES
INTRODUCTION
Ce chapitre traite essentiellement des procédés technologiques
élémentaires des matériaux semiconducteurs III-V permettant la fabrication de
composants hyperfréquences. Il s'agit de composants actifs notamment des diodes
à base d'hétérostructures utilisées dans les applications non linéaires, et
passifs, essentiellement des structures de propagation, de type coplanaire
déposées sur membrane. Les fréquences de fonctionnement visées sont dans le
domaine des ondes millimétriques (supérieures à 30 GHz) et submillimétriques
(supérieures à 300 GHz) avec l'objectif de fonctionnement aux fréquences de 600
et 900 GHz.
En règle générale, la montée en fréquence passe par une
réduction des dimensions latérales des composants qui sont de l'ordre du
micron. Il en résulte la nécessité d'optimiser la fabrication des contacts
ohmiques qui se révèle comme l'un des facteurs clés pour avoir des fréquences
de coupure très élevées. La fabrication à l'échelle du micron pose également le
problème de la gravure des structures semi-conductrices nécessaires à
l'isolation des composants actifs. Dans ce cadre, nous présentons les
techniques de gravure sèche et humide qui ont été développées en les replaçant
dans le contexte très général des procédés d'usinage des matériaux III-V.
Enfin, il nous faudra considérer les éléments de connectique, basés, à ces
fréquences, sur des techniques de type pont-à-air. En guise de conclusion, nous
ferons une première synthèse des étapes nécessaires à la réalisation de
composants.
1. TECHNIQUE DE FABRICATION DES CONTACTS OHMIQUES
Nous présentons tout d'abord les éléments théoriques
nécessaires à la compréhension des contacts ohmiques, qu'ils soient de type n
ou p [1][2].
Ensuite, nous considérons dans ce tronc commun la méthode
de caractérisation de type "ligne de transmission" (T.L.M.) qui permet
de déterminer avec une assez grande précision les résistances de contact.
Enfin, nous nous intéressons au procédé technologique
proprement-dit en distinguant les contacts ohmiques sur semiconducteur de type
n et de type p respectivement.
1.1. RAPPELS THEORIQUES
Un contact ohmique est un contact métal-semiconducteur
avec une très faible résistance de contact. Il est dit ohmique lorsque le
courant I est proportionnel à la tension V avec un facteur de proportionalité
1/Rc. La résistance spécifique de contact rc est le produit de Rc par la
surface de contact. En fonction de la densité de courant J, son expression en W.cm2 est:
![]()
A l'interface se forme une barrière de potentiel
s'opposant au passage du courant. Sur la figure I.1, nous avons schématisé les
trois mécanismes principaux régissant l'expression du courant:
¬ Le franchissement de la barrière par émission thermo-ionique,
représenté figure I.1.a, dominant dans les semiconducteurs peu dopés (Nd <
1017 cm-3). La zone désertée qui se forme près du contact
est étendue. Elle joue le rôle d'une barrière de potentiel large, ce qui rend
le passage par effet tunnel peu probable.
Le franchissement de la barrière par effet tunnel assisté thermiquement,
dans le cas des semiconducteurs moyennement dopés (figure I.1.b). L'émission
thermo-ionique et l'effet tunnel jouent alors un rôle important dans les
mécanismes de conduction.
® Le franchissement de la barrière par effet tunnel pur, qui
intervient dans le cas des semiconducteurs fortement dopés (Nd > 1018
cm-3), schématisé sur la figure I.1.c. Le semi-conducteur étant très
dopé, la zone déserte est plus petite et donc la probabilité de passage par
effet tunnel pur n'est plus négligeable, entraînant un mode de conduction par
effet tunnel prédominant.
Pour connaître l'importance relative de ces phénomènes,
T. C. Shen, G. B. Gao et H. Morkoç [3] introduissent un terme E00
qui permet de définir l'importance relative des mécanismes de conduction:
![]()
où q est la charge électrostatique
élémentaire, h la constante de Planck, Nd la concentration en atomes donneurs, e est la constante diélectrique du
semi-conducteur, m* la masse effective d'un électron. Dans le cas d'un dopage
de type p, il suffit de considérer la concentration en atomes accepteurs et la
masse effective des trous.
Lorsque E00 << kT (faible dopage), la
conduction est thermo-ionique avec une résistance spécifique de contact rc proportionnelle à
, FB étant la hauteur de la
barrière de contact.
Pour E00 » kT (dopage intermédiaire),
les mécanismes émission thermo-ionique et tunnel coexistent avec une résistance
rc au franchissement de la
barrière du type
.
Enfin, lorsque E00 >> kT (dopage élevé),
la conduction est dominée par effet tunnel. Dans ce cas, la résistance
spécifique de contact rc dépend fortement de la
concentration en dopant, et est proportionnelle à
.
1.2. METHODE DE CARACTERISATION
La procédure la plus couramment employée expérimentalement
pour déterminer les résistances spécifiques de contact est la méthode des
lignes de transmission dite T.L.M. (Transmission Line Method), proposée par
Schockley.
Cette méthode nécessite la réalisation de motifs
d'échelle de résistance qui peuvent être fabriqués en même temps que les
composants.
Une très bonne approximation de la résistance de contact
est:
![]()
rc = résistance spécifique de
contact
w = largeur du contact
Rsh = résistance
carrée du semi-conducteur
Pour déterminer Rc, on utilise le motif de test donné sur
la figure I.2. avec dans notre cas L1, L2, L3
et L4 respectivement égal à 5, 10, 20 et 50 µm.
Le motif d'échelle utilisé au laboratoire consiste en une
topologie de cinq plots rectangulaires de dimensions 110x70 µm2
espacés par des distances croissantes 5, 10, 20 et 50 µm. Nous avons une
variation linéaire de la résistance globale sachant que la résistance du
semiconducteur obéit à une loi du type
, l étant la distance entre
deux plots. La mesure de la résistance entre chaque plot permet ainsi
d'échelonner les valeurs de résistance en fonction de l'espacement inter-plot
Dans le cas idéal, les points sont alignés et l'ordonnée à l'origine permet de
remonter à la résistance spécifique de contact. En pratique, on observe
généralement une faible dispersion et on trace alors la droite de régression
linéaire afin de déterminer la résistance, comme illustré sur la figure I.3.
La mesure expérimentale de Rc permet de remonter à la
valeur de rc avec ces équations:
(i) ![]()
(ii) ![]()
(iii) ![]()
LT étant la distance de transfert, Rp, la résistance
des pointes et Rsh la résistance carrée.
On en déduit l'expression de la résistance de contact Rc:
exprimée en W.mm
et la résistivité spécifique
de contact rc:
en W.cm2.
1.2.1. TECHNIQUE DE DEPOT DES CONTACTS OHMIQUES DE
TYPE n
1.2.1.1. CONTACT OHMIQUE
PROFOND OR-GERMANIUM-NICKEL
Ce type de dépôt mettant en jeu l'eutectique Or-Germanium
avec un rapport massique de 88 % d'Or et de 12 % de Germanium a été, jusqu'à
encore très récemment, le dépôt le plus largement utilisé au laboratoire [4] pour réaliser des contacts ohmiques de type n sur Arséniure de Gallium. La
température de fusion de l'eutectique n'est en effet que de 361 °C, le
Germanium jouant le rôle de dopant à l'interface contact ohmique -
semiconducteur. Il résulte de ce surdopage local une augmentation des
probabilités de franchissement des barrières par effet tunnel favorable à
l'obtention de contacts faiblement résistifs.
Par ailleurs, cette couche d'AuGe est généralement
séparée du GaAs par une couche de Nickel et on redépose sur l'ensemble deux
films métalliques, respectivement Nickel et Or. En pratique, ces dépôts sont
faits par évaporation suivie d'un recuit effectué typiquement à une température
supérieure à 400 °C. Ce recuit entraîne des phénomènes d'inter-diffusion
relativement complexes, avec la formation de composés constitués d'éléments du
métal et du semiconducteur.
Les phénomènes de diffusion ont été très largement
utilisés dans la littérature [3] et sont illustrés sur la figure I.4 qui
montre, pour deux températures de recuit, inférieure à 420 °C et d'environ 440
°C, les composés intermédiaires formés. On constate que chaque élément joue un
rôle très précis avec une diffusion très marquée du Gallium vers la surface
libre à l'interface contact - air. A plus haute température, on note la
formation de grains généralement de type NiAs(Ge) favorisant le contact, mais aussi
d'Or, ce qui se traduit par une augmentation de la résistance de contact.
Compte-tenu de ces résultats, les recuits sont de manière
générale, réalisés à des températures proches de 420 °C, ce qui permet de
préserver une bonne morphologie de contact associé à une faible résistance.
Dans ces conditions, il est possible d'avoir une première idée des phénomènes
de diffusion par caractérisation Auger. Rappelons que cette technique permet
d'obtenir les concentrations des différents éléments chimiques au voisinage de
l'interface. Cependant, on accède au profil des différents constituants en
gravant progressivement, tout d'abord le contact ohmique, puis le
semiconducteur. C'est donc une méthode destructive. Par cette méthode, deux
échantillons ont été caractérisés* respectivement avant et
après recuit. Les profils correspondants sont reportés sur les figures I.5.a et
I.5.b. En abscisse est reporté le temps d'attaque. Il ne s'agit donc pas d'une
évaluation directe de la profondeur. L'interface Métal - Semiconducteur peut
être identifiée, d'une part par la couche Nickel d'interface, d'autre part, par
la décroissance des concentrations en Gallium et en Arsenic. On identifie
également la présence d'Or et de Germanium constituant l'eutectique, puis de
nouveau, la présence de Nickel plus près de la surface libre.
Après recuit, comme on le constate sur la figure I.5.b,
les profils sont très largement modifiés avec l'accumulation de Gallium dans
les couches en-têtes et la forte diffusion du Nickel et de l'Or, conformément à
l'analyse précédente. Ces processus de diffusion se révèlent très profonds sur
des distances que l'on peut estimer de l'ordre de 1000 Å.
Une autre alternative, récemment mise au point au
laboratoire [4], et que nous utiliserons systématiquement par la suite, est
l'utilisation des dépôts séquentiels. Ces dépôts mettent en jeu les mêmes
composés métalliques et font intervenir des processus analogues au niveau du
recuit. En pratique, la séquence suivante, Ni(250Å)/Ge(325Å)/Au(650Å)/Ti(500Å)/
Au(1000Å) permet d'obtenir une résistance de contact de l'ordre de 5.10-7
W.cm2 sur GaAs dopé 1018
cm-3, après un recuit flash à 400°C pendant 40 secondes. Ces
conditions de température de recuit sont optimisées en étalonnant la
résistivité du contact en fonction des différents recuits. Les trois premiers
métaux constituant le dépôt séquentiel sont présents dans les proportions:
Ni:1/Ge:1,3/Au:2,6.
Par ailleurs, ces contacts présentent comme dans le cas
précédent des profondeurs de diffusion importantes, qui ne sont pas toujours
compatibles avec la diminution des zones actives et de la taille des composants
[5][6]. Dans ce contexte, nous avons été amenés à étudier l'utilisation de
contacts ohmiques peu diffusants mettant en jeu des dépôts de type
Palladium-Germanium.
1.2.1.2. CONTACT OHMIQUE PEU
PROFOND PALLADIUM-GERMANIUM
Compte-tenu des limites dans l'utilisation des contacts
ohmiques AuGeNi, nous nous sommes intéressés aux contacts PdGe présentés dans
la référence [3]. Ce contact ohmique PdGe sur une couche GaAs de type n
présente les avantages suivants:
Premièrement, le Germanium va renforcer, comme dans le
cas précédant, le dopage n du matériau GaAs. En effet, il se place dans les
lacunes du réseau cristallin de l'Arséniure de Gallium, préférentiellement sur
les sites Ga restés vacants en surface. Cela conduit à une couche que l'on peut
estimer à environ 100Å de GaAs surdopée près de la surface avec un dopage
effectif de 1019 atomes/cm3. Cet effet concourt à
améliorer la qualité du contact ohmique.
Deuxièmement, la température de recuit du contact est de
l'ordre de 325°C. Cette température est relativement basse comparativement à
celle du contact AuGeNi, précédemment cité qui est de 400 à 450°C. Elle a été
optimisée suite à une série de mesures dans un intervalle de température entre
250 et 450 °C. La courbe expérimentale, reportée figure I.6, présente une plage
de température où la resistivité du contact est inférieure à 10-6 W.cm2. Les phénomènes de diffusion
étant limités par la plus faible température de recuit du contact, celui-ci est
peu profond.
La figure I.7 illustre les phénomènes de diffusion et de
recristallisation qui apparaissent lors du recuit du contact ohmique PdGe sur
GaAs. La couche de Palladium-Germanium déposée séquentiellement évolue vers une
structure un peu plus complexe, où la diffusion permet pleinement au Germanium
de jouer son rôle de dopant en surface du matériau semiconducteur. En effet, au
dessus de 300 °C, l'Arséniure de Gallium présente une couche surfaciale
fortement dopée n+ en Germanium.
Les valeurs des résistances de contact sont typiquement
de l'ordre de 10-6 W.cm2 pour les
contacts ohmiques en PdGe [7][8]
1.2.2. TECHNIQUES DE
FABRICATION DE CONTACTS OHMIQUES SUR COUCHE DOPEE p
Pour être tout à fait général dans la présentation de la
fabrication des contacts ohmiques, il nous semble intéressant de présenter
également les résultats concernant les contacts de type p. Cette étude n'est
pas exhaustive et ne concerne que les composés à base de Ti/Pt et de Ti/Pt/Au.
Les dépôts métalliques séquentiels sont successivement du
Titane et du Platine, avec éventuellement un épaississement d'Or.
Sur la figure I.8, on a représenté l'évolution de la séquence
Ti/Pt déposée sur de l'Arséniure de Gallium dopé p, en fonction de la
température du recuit effectué. Cette figure met en valeur les phénomènes de
recristallisation avec notamment la formation de TiAs et de PtGa, ainsi que la
diffusion des atomes de Gallium vers la surface. Le Titane joue par ailleurs le
rôle de couche d'accrochage au contact métallique.
- Importance du dopage
surfacique:
Ce contact n'apporte pas de dopant accepteur
supplémentaire. Il convient donc de déposer le type de contact Ti/Pt et
Ti/Pt/Au sur une couche en-tête suffisamment dopée.
En ce qui concerne le dopage en atomes accepteurs de la
couche semiconductrice sur laquelle est déposé le contact, plusieurs
possibilités nous sont offertes. Nous pouvons notamment utiliser des couches
dopées Béryllium ou dopées Carbone.
Rappelons que le Béryllium est un élément très toxique.
Il est néanmoins utilisé au laboratoire lors de l'épitaxie des couches
semiconductrices par jet moléculaire. On peut montrer que des dopages élevés
peuvent être obtenus (supérieurs à 1019 atomes par cm3)
en conservant une bonne morphologie des surfaces car cet élément chimique a une
bonne solubilité dans le GaAs. Il présente néanmoins le désavantage de diffuser
lors de la croissance à haute température, ce qui peut poser problème lorsque
l'on désire des dopages très localisés.
Le dopage du type Carbone permet de limiter ces processus
de diffusion dans la mesure où ils ne se révèlent importants qu'à très haute
température. A titre d'exemple, le Carbone a un coefficient de diffusion très
faible dans le GaAs: 6.10-15 cm2/s seulement à 900°C.
Cela permet d'obtenir localement des couches très dopées en atomes accepteurs.
Avant de considérer les résultats expérimentaux,
rappelons que, pour des contacts ohmiques de type p, les probabilités de
passage par effet tunnel sont notablement réduites par la masse effective
élevée des trous. On peut pallier cette limitation en surdopant localement les
couches de contact. Généralement, ce surdopage s'effectue sur un ordre de
grandeur supplémentaire par rapport aux contacts ohmiques de type n.
Typiquement, la couche en-tête est dopée au-delà de 1019 cm-3.
En pratique, nous avons fait nos essais sur une couche
épitaxiée par M.O.C.V.D. au Laboratoire Central de Recherche de THOMSON-CSF
pour l'étude des effets tunnel de trous. La couche en-tête, qui seule nous
intéresse ici, présente un dopage de 3.1019 cm-3 avec un
dopant Carbone.
- Résultats
expérimentaux:
Les dépôts Titane-Platine et Titane-Platine-Or ont été
réalisés dans le bâti de métallisation MECA 2000.
Pour obtenir des valeurs représentatives des résistances
de contact nous avons calculé les valeurs moyennes mesurées sur dix échelles de
résistances suivant la méthode T.L.M. définie précédemment. Les résultats sont
présentés sur les graphiques I.9.a et I.9.b. Nous avons mesuré les résistances
entre les différents plots avant et après le recuit flash effectué durant 30
secondes à 430 °C sur les couches dopées 3.1019 cm-3 en
accepteur pour chacun des dépôts Ti/Pt et Ti/Pt/Au. Nos résultats sont de
l'ordre de 7 à 8.10-5 W.cm2, ce qui
constitue une amélioration après recuit. Ces valeurs restent acceptables pour
des composants mettant en jeu des trous, avec des plots de contact de 100 µm2.
Cela dit, pour des structures de plus faibles dimensions,
il nous semble nécessaire d'augmenter très sensiblement le dopage afin de
réduire les résistivités de contact d'au moins un ordre de grandeur. Les
résultats obtenus dans la référence [9] font état de résistivités de contacts de
5.10-6 W.cm2 et de 10-7
W.cm2 respectivement pour des
dopages de 1020 cm-3 et de 1021 atomes de
Carbone par cm3.
Nous avons donc effectué des simulations du processus de
conduction à l'interface métal/semiconducteur dopé p à partir d'un profil de
potentiel afin de mettre en évidence la grande sensibilité des caractéristiques
de conduction au niveau du dopage. Ces résultats sont représentés sur la figure
I.10 donnant la résistivité en fonction du dopage en atomes accepteurs.
2. TECHNIQUES DE GRAVURE
Nous présentons dans ce paragraphe les techniques de
gravure des matériaux semi-conducteurs à base d'Arséniure de Gallium et de
Phosphure d'Indium, des diélectriques principalement Polyimide et Nitrure de
Silicium, ainsi que des métaux or et Titane.
Plutôt qu'une distinction sur le type de matériau, nous
préférons ici présenter les résultats en considérant respectivement les
méthodes de gravure humide et de gravure ionique réactive.
Ces gravures se feront, soit par la face avant lorsque
l'on est amené à isoler les composants par mésas ou à dégager des éléments de
connexion suspendus, soit par la face arrière lorsque l'on cherche à dégager
des membranes. Pour le premier cas, elles seront peu profondes, de l'ordre du
micromètre alors que pour le second, elles auront lieu sur plusieurs centaines
de microns.
Par ailleurs, nous verrons que ces gravures se révèlent
souvent sélectives; c'est notamment le cas pour les structures composites
diélectriques/semiconducteurs, mais aussi pour les hétérostructures de matériaux
III-V.
2.1. LA GRAVURE HUMIDE
Ce procédé de gravure des semiconducteurs se fait en
plongeant la structure dans une solution liquide. Il fait intervenir de manière
générale un processus d'oxydation réalisé généralement par H2O2
(eau oxygénée) qui oxyde la surface du semi-conducteur. Cette couche oxydée est
ensuite attaquée par une solution de type acide ou une base [10]. On ajoute par
ailleurs de l'eau qui joue le rôle de solvant et permet notamment d'avoir une
très grande latitude dans la cinétique de gravure.
Généralement on distingue deux types de mécanismes
limitant la gravure du semi-conducteur:
D'une part, la réaction peut être limitée par le
processus de diffusion des espèces chimiques pour atteindre la surface à
attaquer. A titre d'ordre de grandeur on peut estimer que le coefficient de
diffusion des espèces chimiques dans un liquide est de l'ordre de 10-9m2/s,
valeur relativement faible par rapport à d'autres milieux. On augmente
généralement la mobilité des espèces par agitation de la solution. Cependant,
dans notre cas dans la mesure où les structures fabriquées, en particulier les
membranes, sont très fragiles, nous n'avons pas utilisé d'agitation pendant le
processus d'attaque. Nous verrons qu'en contrepartie, on observe des inhomogénéités
d'attaque suivant la profondeur d'immersion de l'échantillon.
D'autre part, la gravure peut être limitée par la
réaction chimique proprement dite. Dans ce cas la température de la solution
joue un rôle très important. Dans ce qui suit, les résultats présentés ont été
obtenus à température ambiante. Néanmoins, quelques essais réalisés dans des
conditions de refroidissement de la solution pour tenter de limiter tout
mouvement de turbulence durant la phase d'élaboration des structures où elles
sont fragilisées, nous ont permis de valider cette sensibilité à la
température. Enfin dans le même esprit, nous essayons autant que possible de ne
procéder à la gravure qu'après un temps de repos de la solution.
Il reste dans cette présentation générale, le problème de
l'anisotropie d'attaque qui va jouer un rôle déterminant dans l'élaboration des
structures notamment par gravure profonde. Les figures I.11.a et I.11.b
illustrent l'importance de l'orientation des motifs par rapport aux directions
cristallographiques. Deux cas sont ici envisagés pour des motifs carrés suivant
une orientation parallèle inclinée à 45 degrés par rapport aux directions de
clivage. On constate que les flancs de gravure diffèrent très sensiblement
suivant les directions cristallines et que par ailleurs il existe un effet de
sous-gravure des résines.
2.1.1. GRAVURE PAR SOLUTION
NH4OH/H2O2/H2O
Cette solution d'attaque est la plus employée
actuellement au laboratoire pour des procédés de gravure élémentaire du GaAs
[11]. Elle n'est pas sélective et donc, permet l'usinage d'hétérostructures de
type GaxAl1-xAs/GaAs avec des concentrations en Aluminium
pouvant atteindre x=1 pour la réalisation de structures type Mesa ou
"Recess". La solution est constituée du mélange Ammoniaque (NH4OH
30% massique) / Peroxyde d'Hydrogène (H2O2 30% massique)
/ eau (H2O).
Les concentrations relatives entre ces trois constituants
permettent de faire varier sur plus de deux ordres de grandeur la vitesse
d'attaque du GaAs. Ainsi pour les proportions (1:1:200) on obtient typiquement
une vitesse de gravure de l'ordre de 1000 Å/min. Ce cas de figure est utilisé
pour la définition des premiers Mésas permettant d'atteindre les couches
fortement dopées épitaxiées en profondeur. On se sert également de cette
procédure pour réaliser les Mésas d'isolation avec gravure jusqu'au
semi-isolant sur lequel sont généralement déposés les éléments de connexion ou
de propagation. En règle générale, la reproductibilité est bonne avec des
flancs et fond de gravure sans aspérités, tout au moins pour les homojonctions.
Par contre, pour les structures à hétérojonctions, il est possible de mettre en
évidence des différences d'attaque sans toutefois obtenir de réelle
sélectivité.
Un des problèmes majeurs rencontrés concerne la
définition de Mésas de très petites sections dans la mesure où des effets de
sous-gravure extrêmement prononcés peuvent être obtenus notamment au voisinage
des dépôts de résine. La figure I.12 illustre ces problèmes de sous-gravure du
GaAs. L'attaque est ici relativement profonde de plusieurs microns et la
photographie prise au Microscope Electronique à Balayage (MEB) montre que dans
ce cas, on obtient un étranglement sous le dépôt du matériau servant de masque
(résine ou dépôt métallique) qui favorise la gravure du matériau
semiconducteur. Il en résulte qu'il est nécessaire de respecter un rapport
d'aspect entre dimension latérale et profondeur de gravure au risque
d'enlèvement du motif d'attaque, le métal du contact ohmique dans le cas
présent. Les problèmes seraient identiques pour un masque de résine. Ainsi dans
le cas de composants de très petites dimensions avec typiquement des diamètres
de l'ordre du micron, il est impératif de faire appel à des méthodes de Gravure
Ionique Réactive beaucoup plus directionnelles qui seront explicitées dans le
paragraphe suivant.
Cette solution d'attaque basique peut également être
utilisée pour des attaques profondes comme celles nécessaires à la définition
de via-holes ou de membranes. Dans ce cas, les concentrations relatives sont
comparables. A titre d'exemple nous présentons les résultats obtenus avec le
mélange (NH4OH:1 , H2O2:1 , H2O:2
). Dans ces conditions de faible dilution, on peut relever des vitesses
d'attaque du GaAs de 3,5 mm/min et de 1,6 mm/ min respectivement suivant que les motifs
carrés sont alignés suivant la configuration de la figure I.11.a ou celle de la
figure I.11.b. Ce dernier cas est illustré sur la figure I.13 par une vue au
microscope optique du fond de gravure pour un motif dont les dimensions
latérales sont de 300 à 400 mm. Bien que l'observation ne
rende pas ici compte du relief, on observe en règle générale une bonne planéité
du fond de la surface gravée située à une profondeur de l'ordre de 120 mm.
En pratique, les vitesses de gravure sont déterminées à
l'analyseur de profil (Alpha Step Tencor) après arrêts successifs de l'attaque
(trempage dans l'eau désionisée et séchage sous flux d'azote). Les deux figures
I.14.a et I.14.b montrent les profils respectivement avant attaque, le dénivelé
de 5 mm traduit le dépôt de résine (TF20) et après
avoir plongé l'échantillon dans la solution de gravure durant une minute avec
accroissement du dénivelé de 3,5 mm. Les résultats sont
reproductibles au cours du temps ainsi que pour différents endroits de
l'échantillon.
En dépit de ces résultats encourageants, nous avons
observé cependant en pratique un décollement progressif des résines que l'on
peut attribuer à l'attaque prolongée. Rappelons en effet que ces usinages sont
effectués sans amincissement préalable des substrats et qu'il nous faut, pour
atteindre la face avant, effectuer une gravure sur plus de 400 mm. Pour accélérer les vitesses de gravure et
ainsi pallier la détérioration du profil des résines, nous avons utilisé à ce
stade des solutions acides.
2.1.2. SOLUTION H2SO4
/ H2O2 / H2O
Ce type de solution est probablement celui pour lequel on
trouve le plus d'informations dans la littérature. Comme précédemment, par le
biais d'une pondération entre les trois éléments constituants, il est possible
de faire varier de façon notable la vitesse de gravure. A titre d'exemple, nous
avons reporté sur la figure I.15 les courbes d'iso-vitesse pour des valeurs
s'échelonnant entre 0,5 et 3,5 mm/min à la température de 0°C
[12].Des informations plus quantitatives sont données dans les tableaux
suivants (I.16a et I.16b) qui précisent pour un échantillonnage de composition,
non seulement le mécanisme limitant la gravure, soit par la vitesse de réaction
R, soit par la diffusion D, mais aussi la vitesse de gravure exprimée en mm/min pour le plan cristallin (100) du GaAs.
|
Paramètres |
Attaques limitées par la
diffusion |
Attaques limitées par la
vitesse de réaction |
|
AGITATION |
augmente la vitesse de
gravure |
pas d'augmentation notable
de la vitesse de gravure |
|
TEMPERATURE |
peu sensible |
très sensible |
|
ANISOTROPIE |
peu prononcée |
très prononcée |
|
EFFET DE TRANCHEE |
existe |
n'existe pas |
|
EFFET DE POLISSAGE
CHIMIQUE |
les surfaces deviennent
lisses |
morphologie de la surface
conservée |
Figure I.16.a: Tableau représentant l'influence des différents
paramètres
sur la nature de l'attaque chimique.
En ce qui nous concerne, nous avons utilisé le mélange suivant:
acide sulfurique à 96% massique, eau oxygénée 30% massique, et eau désionisée,
dans les proportions: (H2SO4:1 , H2O2:8
, H2O:1). La vitesse de gravure mesurée à température ambiante est
de 15 mm/min environ, ce qui
permet, par l'augmentation des vitesses d'attaque, de réduire le temps de
gravure de plus d'un facteur 4 par rapport aux solutions basiques. Dans ce cas,
les résines ne sont pas détériorées et la gravure peut se faire sur l'ensemble
du substrat.
Un des problèmes rencontrés concerne la non-uniformité du
dégagement de la membrane suivant la profondeur d'immersion dans le bêcher. Ce
point ne porte pas à priori à conséquence dans la mesure où nous nous servons
d'une couche d'arrêt d'attaque de type diélectrique formant la membrane avec
une sélectivité très importante.
|
PROPORTION DE LA SOLUTION
CHIMIQUE H2SO4 / H2O2 / H2O |
TYPE DE GRAVURE (1) |
VITESSE DE GRAVURE POUR LE
PLAN (100) DU GaAs en µm/min |
|
1:8:1 |
R |
8.0 |
|
1:1:8 |
R |
1.3 |
|
8:1:1 |
D |
1.2 |
|
1:8:40 |
R |
1.2 |
|
1:8:80 |
R |
0.5 |
|
1:8:160 |
R |
0.25 |
|
20:1:1 |
D |
0.2 |
|
1:8:1000 |
R |
0.04 |
(1) R: Gravure limitée par la vitesse de réaction
D: Gravure limitée par la diffusion
Figure I.16.b: Tableau représentant l'influence des proportions des
espèces
chimiques sur la nature de la vitesse d'attaque.
Néanmoins, nous changeons la position du substrat dans la
solution en cours de gravure pour uniformiser autant que possible l'attaque par
la solution acide.
2.1.3. GRAVURES SELECTIVES
AlGaAs / GaAs PAR ACIDE CITRIQUE
La sélectivité des attaques par acide citrique des
composés GaAlAs/GaAs est maintenant bien démontrée avec notamment la
possibilité de réaliser des structures Mésa par contrôle de la profondeur
d'attaque par couche d'arrêt [13]. Cette sélectivité, c'est à dire des
différences extrêmement importantes dans la vitesse de gravure des matériaux
suivant le pourcentage d'aluminium est particulièrement probante pour des
hétérostructures du type GaAs/AlAs.
Pour cette étude, l'idée est d'accroître les effets de
sous-gravure au voisinage de la couche d'arrêt dans la mesure où, en stoppant
la gravure en profondeur on favorise l'usinage latéral. En pratique nous avons
développé des études à base de la solution suivante: acide citrique monohydraté
C3H4(OH)(COOH)3-H2O dilué dans
l'eau à 50% en masse / Péroxyde d'Hydrogène H2O2 dans les
proportions: (acide citrique:5 , H2O2:1)
A température ambiante la vitesse d'attaque du GaAs est
pour ces proportions de l'ordre de 3000 Å/min. Pour un rapport de concentration
10:1 on trouve des vitesses
de 2300 Å/min comme on peut le voir sur la figure I.17 qui permet à la
fois d'étalonner la vitesse de gravure et d'illustrer l'arrêt d'attaque par le
relevé de la profondeur en fonction du temps.
Il s'agit dans cet exemple d'une hétérostructure
GaAs/AlAs, la couche en-tête d'Arseniure de Gallium ayant une épaisseur
d'environ 2 mm. L'arrêt d'attaque est ici
extrêmement net. Par ailleurs, on peut montrer que cet arrêt de gravure peut être
obtenu pour des épaisseurs extrêmement faibles d'AlAs de l'ordre de la centaine
d'Angströms. Dans ces conditions, la sous-gravure permet de dégager des
structures suspendues comme nous le verrons par la suite pour la fabrication de
ponts métalliques.
L'ensemble des résultats que nous venons de présenter
concerne les composés à base d'Arséniure de Gallium. Pour le Phosphure d'Indium
et ses composés, il est nécessaire de développer des méthodes utilisant les
acides phosphoriques et chlorhydriques.
2.1.4. GRAVURE DES COMPOSES
InP ET DERIVES
Ces composés à base d'Indium connaissent actuellement un
très grand développement non seulement en opto-électronique mais aussi en
micro-électronique où l'on tend de plus en plus à substituer aux matériaux de
la filière GaAs, des matériaux épitaxiés sur InP. Pour notre part, ce type de
matériau va intervenir dans la fabrication de composants multiplicateurs avec
des couches du type GaInAs/AlInAs dont la croissance est faite sur InP.
De manière générale on peut distinguer la gamme des
matériaux ternaires GaInAs/AlInAs qui peut se faire relativement facilement à
l'aide d'une solution d'acide phosphorique (H3PO4) du
matériau InP proprement dit. Les proportions entre H3PO4/H2O2/H2O
basées sur la composition acide/oxydant/diluant conformément au schéma de
gravure défini dans le paragraphe d'introduction sont de 3:1:20 pour une eau
oxygénée disponible à 30% massique. Dans ces conditions, la vitesse de gravure
mesurée à température ambiante est de l'ordre de 3600 Å/min ce qui fait que les
couches actives GaInAs et AlInAs d'épaisseur typique 1 mm sont gravées en quelques minutes. De plus,
on constate un arrêt extrêmement franc de l'attaque sur InP qui ne réagit pas à
la solution d'acide phosphorique. Cette sélectivité d'attaque très marquée peut
être mise à profit comme dans le cas précédent pour accentuer les effets de
sous-gravure latérale. Si nécessaire, la gravure de l'InP est assurée par une
solution d'acide chlorhydrique diluée dans l'eau dans les proportions 5:3.
Pour des gravures relativement profondes, typiquement la
dizaine de mm, il est alors tout à fait
possible de désolidariser les couches GaInAs, insensibles à la solution d'acide
chlorhydrique, du substrat d'InP. La photo I.18 montre la vue au MEB d'un
ensemble de poutres obtenues par ce procédé. Dans le cas où la couche active
est constituée par des dérivés du phosphore tels que GaInP, les méthodes de
gravure devront être effectuées en deux temps en combinant également les
attaques acide phosphorique - acide citrique.
2.2. GRAVURE IONIQUE REACTIVE
Nous abordons ici la Gravure Ionique Réactive (G.I.R. ou
R.I.E. en anglais), technologie développée en gravure sèche. Par opposition à
la gravure humide utilisant un élément liquide pour graver le matériau
semiconducteur, la gravure sèche met en œuvre des plasmas.
Rappelons que l'une des principales limitations de la
gravure chimique humide vient des effets de sous-gravure importants.
Par contre, la gravure ionique réactive permet d'obtenir
des flancs de gravure quasi verticaux. De plus, nous verrons que ce type de
gravure permet parfois une très grande sélectivité, en particulier dans le cas
de la gravure des diélectriques sur les semiconducteurs.
Le principe de la G.I.R. est de polariser un plasma entre
deux électrodes. Le plasma est obtenu en applicant une source alternative de
forte puissance, en pratique une centaine de Watt à la fréquence d'excitation
de 13,56 MHz. Le schéma d'un bâti de G.I.R. est représenté sur la figure I.19.
Sur l'une des électrodes, celle du bas, on dispose l'échantillon à graver.
Compte-tenu de la différence de masse entre les électrons et les ions, une
électrode placée dans le plasma se charge négativement, ce qui crée une
réaction de charge d'espace. Ces zones, adjacentes aux électrodes forment les
gaines ioniques du plasma. L'électrode qui supporte le substrat à graver est
connectée au générateur R.F. au travers d'une capacité de blocage. Cette
capacité empêche qu'un courant continu soit extrait du plasma. Cependant, une
tension continue d'autopolarisation se forme aux bornes des électrodes. En
effet, la caractéristique statique d'un plasma présente un effet de
redressement à cause des cinétiques différentes des électrons et des ions. La
moyenne des valeurs temporelles de courant est non nulle. Pour la rendre nulle,
il apparaît une tension d'autopolarisation, d'autant plus grande que la
puissance de la source alternative est élevée.
Pour graver convenablement un matériau, le choix des gaz
de gravure doit respecter certains critères, en particulier:
- Les réactions chimiques mises en jeu doivent produire
des espèces volatiles pouvant être évacuées par pompage.
- Les espèces réactives doivent être sélectives par
rapport au matériau à graver.
- La vitesse d'attaque doit permettre une profondeur de
gravure maitrisée.
Au laboratoire, nous disposons de trois bâtis de gravure
ionique réactive avec différentes sources de gaz disponibles:
- Le premier bâti de la société OXFORD PLASMALAB permet la
gravure de l'Arseniure de Gallium. Il met en œuvre de l'Oxygène (O2),
du Fréon 12 (CCl2F2), de l'Argon (Ar) et du
Tétrachlorosilane (SiCl4).
- Le second bâti de la même société permet de graver le
système AlInAs/GaInAs sur InP à l'aide du Méthane (CH4), de
l'Hydrogène (H2), de l'Argon (Ar) et de l'Oxygène (O2).
- Enfin le troisième bâti, de la société ALCATEL, est
surtout utilisé pour graver les métaux et le diélectrique grâce à l'Oxygène (O2),
le Tétrafluorométhane (CF4) et l'Hexafluorure de Soufre (SF6).
Nous avons gravé les matériaux ternaires GaInAs et AlInAs
avec le Méthane disponible sur le second bâti.
L'Oxygène permet de graver les matériaux à chaînes
carbonées, en particulier le polyimide.
Le Tétrafluorure de Méthane de ce bâti a été utilisé pour
graver le Nitrure de Silicium (un diélectrique) et le Titane (un métal).
2.2.1. GRAVURE DES
SEMICONDUCTEURS
À Gravure du GaAs
Cette gravure a été developpée dans la référence [14]
pour réaliser des diodes tunnel résonnant de faibles sections, 2 et 6 µm.
Le gaz de gravure choisi, le Tétrachlorure de Silicium
(SiCl4), répond aux critères demandés pour la gravure.
Sous une pression suffisamment faible de 45 mTorr, une
puissance de 50 Watt avec une fréquence d'excitation du plasma permet d'obtenir
une tension continue de 120 Volt. Le dépôt de contact ohmique sert de masque à
la gravure. A la vitesse de 6500 Å/min, il faut environ 3 minutes pour définir
un mésa de 2 µm.
Á Gravure de l'AlInAs et du GaInAs
Il a fallu développer un type de gravure sèche dans le
cadre de la réalisation de diodes simples barrières GaInAs/AlInAs/GaInAs
adaptés en maille sur InP. En effet, la section du composant mesure jusqu'à 2
µm2. Elle ne permet pas l'utilisation d'une attaque chimique pour la
définition des Mésas. Cela pose trop de problèmes de sous-gravure.
Nous utilisons donc une attaque R.I.E. avec un plasma Méthane (CH4)/Hydrogène (H2)/Argon (Ar). Les flux, exprimés en cm3